Les JEUX sur MON QUARTIER DELMONTE
mais qui se Pratiquaient dans tous les Quartiers
Rubrique de Antoine - Roch ALBALADEJO
NOS JEUX…LA-BAS

Auteur du site Mr ORTEGA Roger de Delmonte

BURRO  FLACO
LES JAMARICAS
CAPITOULE
CHINCHIRINBOLA
LA PIECE
VINAGRE
LE CARRICO
Le Tour de France
Les Pignols
Les Billes
Les Cartes
Le Cerceau

 

BURRO  FLACO
« un jeu tout en finesse »

Ce jeu oppose deux équipes.
- celle de « pierrot »
- et celle de « toinou »

L’équipe de Pierrot place un joueur, en principe solide et bien rembourré, dos au mur, bien appuyé, jambes légèrement fléchies.
  Un deuxième joueur de l’équipe se courbe comme pour faire le mouton (à saute-mouton) et se place perpendiculairement au premier, les bras autour de la taille du premier, épaule appuyée contre son estomac, tête effacée.
  Le troisième se place dans la même position que le 2ème, bras autour de la taille du 2ème, tête effacée.
  Le quatrième … etc… idem pour tous.
  On obtient ainsi, avec tous les joueurs de l’équipe Pierrot, une chenille de garçons se tenant solidement, perpendiculairement au mur, et appuyée sur l’estomac du 1er.

L’équipe de Toinou se tient en colonne par un à une dizaine de mètres derrière le dernier joueur de l’équipe de Pierrot.
Il s’agit pour le premier, après une rapide course d’élan, de prendre son envol, de poser ses mains sur un dos, le plus éloigné possible, et de retomber le plus près possible du mur, sur le dos d’un Pierrot, afin de laisser suffisamment de place aux autres.
Le 2ème agira de même et essaiera de coller à son camarade, et ainsi de suite.
L’issue du jeu est alors simple
Les «Toinou» ont mal sauté et le dernier a beaucoup de peine à tenir sur le dos du dernier «Pierrot»… il retombera. L’équipe Toinou aura perdu et remplacera l’autre équipe pour former le burro flaco.
Les «Toinou» ont très bien sauté et résistent aux ondulations des «Pierrot» qui finissent par s’écrouler.
L’équipe «Pierrot» a perdu et reprend sa place.
Mais le plus souvent les «Toinou» auront moyennement sauté, les «Pierrot» «onduleront» et tout ce beau monde s’écroulera en même temps. Alors commencera la grande dispute

c’est lui qui s’est «agaché», y s’est «tchaffé»,
c’est pas vrai, c’est lui qui s’est payé une « pelfe »
non, c’est lui …

Il aurait peut-être fallu désigner un arbitre. Mais où aurait été le plaisir;? On se chamaillait bruyamment aux habitations bon marché de Delmonte, mais sans violence, enfin, presque jamais. On prenait les spectateurs à témoin : la mémé qui, de la fenêtre de son 2ème étage, assistait à tous les jeux et que l’on surnommait «radio mystère» parce qu’elle cahouétait tout aux parents, les filles qui se mettaient à crier toutes ensemble, chacune pour son champion.
Bref, Pierrot et Toinou, en général deux «leaders» comme ils disent maintenant, se mettaient d’accord et le jeu reprenait.
Ce jeu, qui ne demande aucun moyen sinon la présence d’un mur… même sans tags, avait tout de même ses règles
Choix des 2 chefs d’équipe (sur les 3 ou 4 possibles).
Choix de la «mère» contre le mur
Solidarité totale du « burro flaco » 
Maîtrise de sa force: on a vu des leaders trop rapides s’écraser contre le mur
Enfin choix des équipiers: il se jouait au pas, les 2 chefs se plaçaient face à face à 3 ou 4 mètres et avançaient alternativement en posant le talon du pied avançant contre la pointe du pied fixe. Celui dont le pied montait sur l’autre au moment de la rencontre choisissait son 1er équipier, puis c’était à l’autre chef de choisir, et ainsi, chacun choisissait ses « hommes », un par un et l’un après l’autre.

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« LES JAMARICAS»

Les Jamaricas étaient aux garçons ce que les osselets étaient aux filles – en gros -.

Mais qu’étaient les Jamaricas ?(prononcer avec la jota espagnole)
Prenez un carrelage genre tomette, cassez-le, choisissez un morceau de 4 cm environ de façon à en faire un disque.
Pour cela, brisez d’abord ses côtés avec une petite pierre, puis frottez le sur le granit des bordures de trottoir.
Lorsque vous aurez réussi à obtenir un disque parfait, bien poli, de 3cm de diamètre et 3 mm d’épaisseur, vous aurez votre première jamarica, agissez de même pour les 4 ou 5 suivantes de manière à disposer d’un jeu de 5 ou 6 jamaricas de taille croissante s’échelonnant de 3 à 6 cm.
Les jamaricas se jouent d’une seule main.
Le jeu consiste à lancer la plus petite en l’air, à exécuter une série de combinaisons, à l’aveugle, avec les autres au sol pendant qu’elle «vole » puis à la rattraper, ce qui s’avère difficile lorsque la main (d’un gamin de 12 à 15 ans) est déjà pleine de 4 ou 5 autres jamaricas.
L’astuce consiste à bloquer ces dernières avec l’auriculaire, l’annuaire, le majeur reliés sur la paume de la main, tout en gardant le pouce et l’index bien dégagés pour rattraper la jamarica « volante ».
Cela se complique du fait qu’il a fallu récupérer les premières au sol après quelques figures.
Voici quelques une de ces figures en commençant par lancer la « Petite » :
lancez-la, main pleine, posez les 4 autres au sol, récupérez la petite dans la main vide,
lancez, récupérez les autres une par une en les gardant toutes dans votre petite menotte, chaque fois relancez la petites puis rattrapez-la
lancez, récupérez les autres 2 par 2, rattrapez chaque fois la petite 
lancez, disposez les autres en ligne par ordre de taille décroissant, rattrapez.
lancez, formez une pyramide à partir de la figure précédente, rattrapez …
lancez, récupérez la pyramide entière, rattrapez la petite, main pleine ,
lancez, reformez la pyramide, (dans la pyramide, l’adversaire «marque» la jamarica de son choix avec un peu de « crache » du bout de son doigt – en général l’avant dernière
lancez, récupérez la jamarica marquée en la dégageant délicatement et en laissant les autres groupées car il faudra les récupérer toutes en une seule fois au prochain coup.
Bien entendu, chaque fois que se produit un raté, la main passe.
Ce jeu très technique qui demandait peu d’espace, beaucoup de calme et de concentration ne suscitait que rarement les chikayas à répétitions qui caractérisaient les autres jeux nécessitant un arbitrage.
Ici, pas moyen de faire de « trampas ».
Seules quelques remarques aigrelettes fusaient lorsqu’un des « grands » réussissait sa série sans faute.
Normal, avec les mains de gorille que t’ia, tu rattraperais même des poêles à paëlla »…
Et t’ia vu, la petite, il l’a rattrapée avec les ongles … que bordé …
Vous êtes des jaloux, ‘oilà çà que vous êtes, c’est pas ma faute si vous avez des mains de monigote, ou alors, allez jouer aux osselets - Ooh -insulte suprême
Les deux « petits » bondissaient sur le « grand » et se jouait alors une mêlée de rugby, véritable joie virile qui consistait à se donner de bons ramponneaux ou à se faire des prises de « j’te ji d’sus » sans trop se faire mal … C’est que, la technique, chez nous, çà allait un moment, mais on aimait tellement mieux la bagarre et le jaleo.
Même les parties de bataille ou de brisca avec ces jolies cartes de oro – espada – bastos et copa se terminaient le plus souvent en empoignade générale … mais ce sont là d’autres jeux que nous garderons pour une prochaine fois.

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« CAPITOULE »

Nous pratiquions aussi à Delmonte un jeu dont je n’ai jamais bien compris les subtilités, mais qui a fait de ses pratiquants d’excellents coureurs de 400 et de 800 mètres.
Il s’agit de Capitoule.
Et d’abord d’où nous venait ce mot étrange. Rien à voir, je pense avec des fleurs réunies en capitule, ni avec ces petits textes tirés de l’Ecriture Sainte que l’on récitait toutes les heures, non plus qu’avec les ordonnances capitulaires des anciens rois dits fainéants ou avec un soldat suisse au service de la France.
S’agissait-il d’une simple capitulation, lorsqu’un camp cède ou abandonne une position… il me semble qu’on se rapproche.
Quoi qu’il en soit cela se jouait le soir, alors que les parents prenaient le frais sur le trottoir, donc à la belle saison… qui durait si longtemps chez nous.
Après avoir fait une ou deux parties de VINAGRE et de CHINCHIRINBOLA, un des grands de 15 ans se levait et décidait: « on va jouer à CAPITOULE (1), je prends une équipe, Jojo tu fais l’autre. Allez on fait les pas.
C’était alors le face à face connu à 5/6 mètres l’un de l’autre, avançant pied à pied jusqu’à ce que la pointe du pied de l’un monte sur celle de l’autre (bon, d’accord, ce n’est pas de la grande littérature, mais essayez d’expliquer çà plus sobrement … et puis, leche, j’ai déjà raconté comment on faisait les équipes).
Le vainqueur choisissait son premier équipier et ainsi à tour de rôle jusqu’à épuisement des 25 à 30 gamins. Au signal, une équipe rejoignait le coin de la rue, groupée, et l’autre le coin suivant. Après un temps raisonnable pour permettre le regroupement de chaque équipe, le Capitaine de l’une d’elles faisait crier «  CA…PI...TOULE… » à son équipe qui partait alors au galop autour du pâté de maisons, poursuivie par l’autre. A un certain moment, l’autre capitaine criait à son tour « CA…PI…TOULE… » et les rôles s’inversaient, les poursuivants devenaient poursuivis. S’agissait-il de « faire des prisonniers » ? J’avoue avoir joué, c’est à dire couru comme un dératé de 11 à 15 ans au sein du groupe, sans jamais avoir compris le but de ce jeu. Mais qu‘importe 
On se donnait de bonnes « pancha » de rigolade, on courait, on se bousculait, bref on se défoulait un bon coup.
Et certains soirs pour corser l’affaire, lorsque les deux équipes, mélangées, ne s’y retrouvaient plus, l’un d’entre nous criait «  A SAINT EUGENE  !! », nous partions alors dans une course effrénée, pénétrant en vociférant, toujours courant, dans les immeubles cossus comme dans les cours populaires, rentrant par une porte, sortant par l’autre, apostrophés par les « encore ces voyous des Habitations Bon Marché ( nom des premiers H.L.M.) de Delmonte, vous avez fini avec vos tonterias ». Mais la meute passait, poursuivant sa ronde folle.
Contrairement aux envahisseurs habituels, nous ne cassions rien au passage.
Nous n’étions qu’une horde de poulains sauvages, ivres de liberté, de vitesse, de cris et de rires et lorsque la razzia terminée nous descendions comme des fous le boulevard Vauchez, emportés par la pente, à huit de front, tenant toute la route, le roi n’était pas notre cousin.
Ah ces grandes chevauchées au milieu des copains sous les étoiles d’Oran. Que nous étions enfants ! Que nous étions heureux…
Pierrot,Marc, Claude, Yvon, Gilbert, Toinou, Charlie, Roger, Jojo, Dédé, Norbert, Jean-Pierre, Paulo, Lucien, Lolo, René, Jannot, Guy, Rapahël, Sauveur, André … et tous les autres (2)… Vous vous rappelez …
Rien à voir non plus avec le parallèle que j’ai osé, à Toulouse, entre CAPITOLE et notre CAPITOULE… RIEN
Ils se reconnaîtront tous s’ils lisent ces lignes.

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« CHINCHIRINBOLA »
un jeu psychologique »

Tout le monde l’aura compris « Burro flaco » était un jeu un peu rugueux réservé, en principe, aux garçons. Seules quelques filles plus hardies et solides que les autres comme bibotte demandaient parfois à y participer, ce qui ne posait, à l’époque, aucun problème.
Mais elle préféraient jouer, avec les garçons, à « Chinchirinbola », jeu psychologique et musical.
Pour jouer à Chinchirinbola, il suffit de pouvoir disposer d’un bout de rue peu fréquentée avec trottoirs. Le jeu se jouant de préférence en fin de journée, voire la nuit à l’heure où les adultes prenaient « le frais », la circulation nous gênait rarement.
Désignez donc une mère: un garçon autoritaire mais sans trop, expressif et discret mais plein d’humour.
Cette mère ira s’asseoir sur le bord du trottoir les pieds posés sur la rue, genoux écartés. Devant lui un joueur se placera à genoux, dos à la rue, la tête et les bras dans le giron de la « mère ».
La « mère » s’assurera que le joueur ne voit rien et que ses fesses sont bien dégagées (mais vêtues, tout de même).
En face, tous les autres joueurs, garçons et filles, sont assis côte à côte au bord du trottoir, les pieds sur la rue, tournés vers la « mère » et le joueur.
La « mère » appelle alors l’un d’eux en lui donnant un surnom inédit :
Que venga, que venga… « la lagartija » (ou « Napoléon » ou « gorion piwi ») et adresse un signe discret à l’intéressé. Ce dernier s’avance à pas de loup vers les fesses tendues devant lui et leur porte un coup qui peut être un shoot de demi-volée à moyenne puissance
- un centre du plat du pied
- un coup de pied de pointe léger, ou appuyé
- une « frite » avec le dos des doigts secoués violemment en la fesse
- un pinçon, léger ou pointu.
Bref un coup – ou un contact – de son choix. Seuls sont interdits, la datte… et relever les jupes des filles, sous peine d’exclusion. Une fois son coup parti le joueur retourne à sa place. La mère libère l’agressé qui se retourne et se retrouve alors face à tout un rang, qui, roulant les avant-bras l’un sur l’autre comme on se roule les pouces, entonne le fameux « CHINCHIRINBOLA,QUESO DE BOLA (bis) »
L’agressé doit alors s’avancer et désigner son agresseur. S’il se trompe, il retourne recevoir un autre coup auprès de la « mère » aux cris de Queso poudrio
S’il ne se trompe pas, l’agresseur démasqué ira le remplacer et tendre ses fesses à son tour. Où est la psychologie dans ce jeu idiot ? me direz-vous.
D’abord dans l’action du leader caché, le petit à lunettes, qui ne domine personne physiquement mais que chacun écoute. C’est lui qui va désigner la mère – personnage clé de ce jeu
– à l’aide de « la pomme »:tous les joueurs se mettent en cercle et, lui, fait « la pomme » frappant chacun tour à tour à la poitrine. Vous savez: « Plouf, c’est-moi-qui-l’a-dit-que-c’est-toi-qui-sera-la-mère-au-bout-de-trois-un-deux-trois ».
Comme « la pomme » comporte 20 coups, le « plouf » se faisant dans le vide au centre du groupe, notre malin saura, après un rapide coup d’œil, désigner le meilleur. D’où les disputes habituelles: «c’est pas du jeu, c’est toujours les mêmes qui font la mère ».
– Alors intervient le leader visible, Jojo, il a été honnête, c’est Pierrot qui fera la mère et pis c’est tout.
C’est pas de la psychologie, çà?
Et que dire du rôle de la mère qui doit désigner les plus facétieux en leur donnant un surnom comique et trompeur: le maigre sera parfois « bibendum », parfois « l’esquelette », qui peut tout aussi bien désigner une fille, ou un gros. Quelle finesse
L’agresseur, ensuite, une fois les rires calmés doit à son tour se montrer inspiré: déplacement comique, coup original, puis mine trompeuse. L’agressé, enfin, doit découvrir, parmi ces garçons et ces filles hilares qui chantent tous ensemble, le « chinchirinbola », celui ou celle qui l’a frappé.
Et savez-vous que 4 fois sur 5 il devinait qui l’avait frappé en réunissant le surnom choisi, le type de coup frappé, la mine faussement détachée ou fuyante du coupable.
Alors c’est pas de la psychologie, çà
Voici donc les deux jeux promis pour cette fois : nombre de participants illimités (on a vu 4 « burro-flaco » se dérouler en même temps contre le mur des « habitations »: ambiance moyens nécessaires, néant.
Juste un peu d’imagination pour des heures de « rigolade de rire »
Comme dirait ce cateto d’Yvon, d’excitation… d’amitié.

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LA PIECE
PITCHAK

Tout Delmontois qui se respecte a joué à la pièce devenue plus tard " Pitchak "
(les règles étaient les mêmes, seul le « ballon » changeait) .
La Pièce est un jeu de pieds que l’on pourrait appeler du mini-foot.
Il doit son nom à l’engin qui servait de « balle »,
Sorte de volant de badmington fait de 2 pièces de 2 sous trouées. Par les trous bien juxtaposés de ces pièces on passait une feuille de papier pliée en accordéon, en laissant 3 bons centimètres dépasser. On mouillait ces 3 cm avec « de la crache » et on les écrasait bien contre la pièce pour que le papier ne sorte pas. De l’autre côté on découpait l’accordéon en minces bandes que l’on froissait: la pièce était prête.
Si l’on était deux, on plaçait alors 2 buts de 2 mètres de large à 4 à 5 mètres de distance. Pour les buts on prenait en général une grosse pierre, un cartable, un pull-over….
Il s’agissait alors pour un joueur de partir pièce au pied, de se rapprocher en jonglant du but adverse et de shooter pour marquer le but. La pièce ne devait pas toucher le sol mais on pouvait jongler avec les deux pieds, les deux genoux et même la tête. Si la pièce touchait le sol, l’adversaire démarrait à cet endroit.
Ainsi, chaque joueur à son tour essayait de marquer un but à l’autre. En général ce jeu se déroulait assez calmement, les seules discussions venant de l’évaluation du but, rendue difficile sans poteaux ni barres…
C’est trop haut
Tramposo, t’y aurais pu l’attraper même si tch’avais été manchot
C’est pas vrai, c’est plus haut que la Tour Eiffel
Et mon zgueg, il est plus haut que la Tour Eiffel
Dis-y toi, Toinou, que c’est trop haut.
Toinou c’est un cuatro ojo, y voit rien.
Vous avez qu’à recommencer, disait alors Toinou, mais si tu me dis encore cuatro ojo moi je te dis ce que ta soeur elle a fait avec les zaméricains
Allez vous allez pas recommencer, non
Alors qu’y m’appelle pas cuatro ojo.
Bon, bon, on va pas se fâcher, non.
Et c’était tout, la partie reprenait jusqu’au prochain tir, trop à gauche, ou trop à droite.
Il n’en allait pas de même lorsque la partie se jouait à deux contre deux.
Là, les « amis » avaient le droit de se passer la pièce. La « classe » c’était quand le jongleur passait la pièce au tireur pour une belle reprise de volée.
Mais voilà, parfois cette reprise était ratée. Alors aux discussions décrites ci-dessus entre adversaires (multipliées par 2 au carré) s’ajoutaient les disputes entre partenaires. Ainsi pour une volée ratée
Tu l’as fait exprès ou quoi, soccato
Quand on fait une passe de fourmi, on donne pas la faute aux autres
De fourmi, ma passe, que Piantoni y fait pas mieux. C’est toi a’c’ ta pata palo qui rate tout.
Pata palo, moi et toi, alors, huevos de plomo
Huevos de plomo, moi, que je suis plus souple qu’une lagartija…
Lagartija, toi…
C’est fini ou quoi, crie alors l’un des adversaires. On va pas passer la Noël ici parce que vous êtes mauvais.
Mauvais nous, l’unanimité semble alors revenue « Y dit qu’on est mauvais, on va leur faire ‘oir. En attendant ya zéro à zéro, à vous de jouer ».
De même pour un but encaissé
Mais qui c’est qui m’a cagué un aveugle pareil. T’ian n’as pas arrêté un seul
Et toi, sipote, t’ion as arrêté beaucoup?
T’ias pas vu le canon qui m’a mis?
Un canon, çà ! même pas une escopette… allez donne la pièce, donne, c’est à moi…
Parfois même la partie s’arrêtait brutalement, soit que la pièce reprise violemment était venue heurter l’œil de l’adversaire (assassin ! criminel !…) soit qu’elle soit passée par le trou de l’espadrille du tireur juste contre le petit orteil (oh! la putain!…la putain! … je suis estropié … poca miseria!).
Aussi lorsqu’il arriva , le Pitchak fut-il accueilli avec joie. La pièce fut alors remplacée par une pelote d’élastiques faite de chambres à air finement découpées. Le Pitchak avait le poids idéal qui permettait de jongler comme un prince et de shooter comme un roi, sans aucun risque de blessure.
Ce qui n’empêchait pas les disputes
Non, c’est trop haut
poso,t’iaurais pu …

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« VINAGRE »

J’avais promis de vous parler du jeu que l’on appelait « vinagre ». Ce jeu n’était peut-être pas connu de tous, mais il se pratiquait beaucoup aux H.B.M. de Delmonte et probablement ailleurs. Ce n’était pas un jeu très rigolo comme vous « allez voir », mais il trempait le caractère, apprenait à surmonter la souffrance et demandait tout de même quelque adresse.
Prenez 10 joueurs. L’un d’eux est la mère, adossé au mur il tient dans ses mains un bout de « l’arme » des 9 autres. Cette arme est un mouchoir roulé le long d’une diagonale, attaché en son milieu pour qu’il garde la forme d’un fouet – et trempé dans de l’eau vinaigrée puis séché (facultatif).
La mère retient donc les 9 combattants par le bout du foulard, l’autre bout est dans une main des joueurs, tendus, prêts à courir dès que la mère aura lâché.
La mère pose une question dont la réponse est simple
Qui c’est qui z’ont un képi et qui marchent par 2 et qui z’emmerdent le monde
ou encore…
Qui c’est qui vend des cacahouètes por trapo (à Oran tout le monde savait que c’était Jandorro, le brave marocain de la rue Kitchener à Delmonte).
Bref, nos 9 combattants connaissent la réponse. Qui aura le courage de la donner ? Je dis « le courage » car voici en quoi consiste le jeu.
Dès qu’il aura crié : « les gendarmes », il tirera sur son foulard et en assènera des coups, comme avec un fouet, sur les jambes nues de ses camarades qui, libérés par la mère s’enfuiront aussitôt. Il réussira ainsi à en fouetter 3 ou 4.
Pendant quelques minutes le « volontaire » aura ainsi le droit de courir après ses camarades et de les fouetter, mais gare ! Lorsque la mère criera « Vinagre ! » il devra alors la rejoindre à toute vitesse sous les coups des fouets des camarades en embuscade. Trois ou quatre d’entre eux réussiront parfois à lui marbrer les jambes (car nous étions tous en pantalons courts en ce temps là).
Je vous l’avais dit on ne riait pas beaucoup dans ce jeu, mais on s’y excitait énormément. Il faut du courage pour crier la réponse car on sait ce que sera le retour. Mais pendant quelques minutes on est le maître. On fait peur aux autres. On leur court après, mais pas trop loin car les autres se mettent en embuscade pour le « vinagre ».
Les moins courageux ne donneront jamais la réponse… ou rarement, pour ne pas être exclus. D’autres resteront trop près de la mère par crainte du retour. D’autres courront comme des dératés et prendront une véritable dégelée au retour. Les plus astucieux essaieront de donner un maximum de coups sans en prendre beaucoup. Ainsi notre ami Charlie qui sautait comme une chèvre et qu’on avait du mal à toucher, mais qui avait le bras si long qu’il vous fouettait à 2 mètres… et avec çà, courageux, ce pincho
Vous l’avez compris ce jeu de « durs », qui s’arrêtait lorsque la mère sentait que l’excitation du jeu faisait place à de la méchanceté, permettait de bien se connaître soi-même, de mieux connaître les autres et d’apprendre le courage et la douleur. Qu’est qu’on était intelligent, tché

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LE CARRICO »

dessin Christelle Ortega

Encore une espagnolade.
Eh oui. Qu’y puis-je? Ailleurs, à Alger ou à Marseille on jouait peut-être à la « carriole » ou à la « charrette », je ne sais pas. Chez nous, nous chevauchions des « carricos », et je trouve que ce mot convient fort bien pour désigner ces engins de trompe-la-mort qui dévalaient nos rues en pente dès le printemps. C’est un de ces mots très internationaux comme le « MUNDIAL, la OLA », le « WEEK-END » ou le « GRAND PRIX ». Je verrais très bien les américains jouer « with the carricos » ou les allemands « mit die carricos » ou les chinois « bi-jung carricos » … mais ces gens-là apprécieraient-ils? Et puis d’abord, me direz-vous, si vous n’êtes pas trop hispanisant, qu’est-ce que c’est que cette histoire de « cariqueau » ?
Le « carrico » était lui-même un véhicule de transport assez rudimentaire ou plutôt une sorte de KART, voire de Formule 1 avant l’heure, sans moteur.
Mais lorsqu’aux premiers jours du printemps la bande des HBM de Delmonte décidait de jouer au « carrico » c’était toute une campagne qui s’engageait.
Il s’agissait d’abord de rassembler le matériel nécessaire à la construction de l’engin : planches de bois, axes d’acier, de tube ou de bois, clous, corde et surtout les 3 roulements à bille qui permettaient à nos engins de battre des records. Durant la guerre et pendant quelques années la chasse aux roulements fut facilitée par la présence d’un dépôt de matériels américains dans le « campico » derrière le quartier.
Une fois les matériels réunis … et les outils empruntés au menuisier Viciana ou au mécanicien Matéo, il s’agissait de construire le « carrico ».
Imaginez une plate-forme rectangulaire de 50 cm sur 80 cm (on pouvait varier ces dimensions à l’infini), le petit côté arrière du rectangle comportait un support, un axe ou 2, et un roulement à billes de chaque côté. L’avant comportait un support sous lequel on plaçait le « guidon » : longeron solide, plus grand que la planche pour pouvoir poser les mains, ou les pieds, ou la corde et reposant sur un seul roulement à billes.
Ensuite venaient les essais de roulage. Pierrot, assis sur le « carrico », les pieds posés sur le guidon à gauche et à droite pour « conduire l’engin », la corde à la main (corde qui attachée aux deux bouts du guidon et tenue au milieu par le « chauffeur » permettait une conduite plus fine, de même qu’elle permettait ensuite de remonter l’engin en le tirant) se faisait pousser un grand coup par René en haut de la rue Maupas et dévalait alors la rue, à vitesse croissante, effectuant quelques mouvements de slalom, voire des virages pour tester la solidité et la maniabilité de l’engin.
Lorsque les carricos avaient été déclarés aptes au service, commençaient les grandes cavalcades ou les courses à 3 ou 4 « carricos » (la rue ne pouvait en admettre plus) à un ou deux passagers dans les rues légèrement inclinées de Delmonte ou les rues très pentues qui descendaient de St Eugène.
Heureusement, en période de « carricos » les automobilistes, à l’époque peu nombreux, faisaient très attention.yes">Ce qui n’empêchait pas les incidents provoqués par un « carrico » devenu fou (déjà), ou deux concurrents se percutant lors d’une course, quand ce n’était pas un pauvre bourricot chargé de « tomate, pimientoooo… » qui n’avait pu s’écarter à temps, ou le choc contre une bordure de trottoir.
Et puis, il y avait les artistes, les « troun’del’air », les « tarambanas », qui dévalaient la pente à plat ventre sur leur engin les mains sur le guidon et ceux qui, poussés à petite vitesse, conduisaient en équilibre sur les mains (ils sont encore là, malgré les acrobaties inouïes auxquelles ils se livraient).
Enfin, après plusieurs bris de « carricos », quelques bosses ou genoux râpés, on rangeait les engins car le temps avait passé et il fallait libérer les rues pour les circuits du « Tour de France »… mais çà, j’en ai déjà parlé.
Il m’a été difficile de plaisanter sur le « carrico » car c’est un sport qui ne se décrit pas … il se pratique. J’espère donc simplement que ces quelques lignes auront éveillé en vous quelques souvenirs : de soleil, de vent dans les cheveux, de frissons et de rire, parfois nerveux, après une de ces fantastiques courses aux commandes de votre « carrico ».
Certains me diront que leur « carrico » dans leur quartier, c’était ci, c’était çà. Je sais : nous jouions tous aux mêmes jeux mais chacun à sa manière et suivant les ressources locales. Celle que je viens d’essayer de décrire, c’était la manière du faubourg résidentiel ( puisque Pierrot, Claude, Charlie, Roger, René, Valentin…et moi y résidions ) des H.B.M. de Delmonte … et pis c’est tout! que leche con esos catetos

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« LE TOUR DE FRANCE »

Chaque année, à peu près au moment où se déroulait la grande boucle – mais chez nous cela durait plus longtemps et sans jour de repos – le macadam de nos rues ou le sol de nos trottoirs lorsqu’ils étaient larges et lisses comme aux H.B.M., se recouvraient d’un logo bizarre, sorte d’immense serpent à tête de lune.
Deux lignes parallèles séparées de 20 cm environ zigzaguaient sur une petite dizaine de mètres et venaient buter contre un circuit de 2 à 3 mètres de diamètre.
Ce serpent constituait le parcours du Tour de France.
Tous les trois mètres environ deux traits horizontaux constituaient la ligne d’arrivée des étapes. Entre deux étapes une zone barrée constituait le « col » du jour où il était interdit de s’ arrêter.
Dans les étapes de plats, le serpent sinuait à peine, dans les étapes de montagne il virait plus sèchement.
L’anneau, au bout du serpent, constituait l’étape contre la montre à franchir en une seule fois (soit 3 coups).
Maintenant les vélos
Ils étaient constitués par un « platico », c’est-à-dire une capsule de Coca-cola, de Perrier ou de  Crush  parfaitement régulière que l’on pouvait lester avec un bouton coincé dedans pour une meilleure tenue de route et au fond duquel, à Delmonte, nous collions le maillot: cercle de papier joliment coloré portant le nom de notre champion: Robic, Bobet, Kubler, Coppi, Vietto … chacun choisissait son roi de la montagne.
Le jeu maintenant
Chaque joueur posait son « coureur » sur la ligne de départ de l’étape et le faisait avancer en le projetant avec le majeur dans un geste « ressort » avec l’appui du majeur sur le pouce (une pichenette, quoi!).
Il avait droit à 3 coups et arrêtait son joueur là où il l’avait lancé, mais attention ! Il s’agissait de ne pas sortir du circuit parallèle, sinon retour à la ligne de départ.
Il ne fallait pas non plus rester dans le col (zone barrée), sinon on passait le tour suivant.
On parcourait ainsi le circuit jusqu’à l’anneau du contre la montre,puis on redescendait.
Ce jeu demandait adresse et contrôle car il fallait rester « dans les rails », donc ni trop à gauche, ni trop à droite, ni trop fort… et éviter le « petit doigt » (comme on dit « petit bras » au tennis) qui vous laissait planté dans un col.
C’était un jeu plutôt calme, ce qui n’empêchait pas les discussions, notamment lorsqu’un « platico » s’arrêtait près de la ligne.
DE
T’y es sorti! t’y es sorti !
Cà va pas, bisco, je suis sur la ligne !
Non, c’est pas vrai. Tiens couche-toi et regard’, tu va ’oir, le cul de ton platico y touche pas la ligne.
Et pourquoi je vais me coucher. D’ici à la verticale quand on est à l’aplomb, on voit qu’y touche.
Dis, c’est pas parce que tu y vas au collège du village nègre que t’y est plus instruit. « laplon, laplon » quesse ça veut dire ça. Et d’abord on dit pas la plomb, on dit le plomb – mon père est angénieur!
Un seigneur ! ton père ! et ta mère elle est peut-être une saigneuse parce qu’elle travaille à l’hôpital
Oh! oh! oh! hein! bon ! vous arrêtez tous les deux, oui. Toi, cuatro ojo, tu rocommences ton dernier coup pa’ce qu’y a li tiges
D’accord, mais m’appelle pas comme t’y a fais, pa’ce que …
Cà va, çà va, je m’excuse, c’est pas ta faute, si on t’a fabriqué à moitié aveugle.
Et le jeu reprenait, pas de quoi fouetter un chat. Non, les commentaires étaient plutôt réduits à un concours de sarcasmes.
il est poussif aujourd’hui, ton Robic, çà fait 3 fois qu’y crève dans le col
attends, attends d’arriver dans ce putain de col tu vas ‘oir, ton Hassenforder y passera jamais.
Mais le plus souvent le joueur s’en prenait à son « platico », c’est à dire à son champion.
la putain de sa sœur, y vas pas droit aujourd’hui ce torpé
c’est fini, je prendrais plus Poblet, y fait que crever dans les cols
et joignant le geste à la parole on déshabillait le malheureux en lui ôtant son joli maillot et en le jetant au loin.
mais! t’y avais pas mis de bouton!
comment tu veux gagner comme çà. Ah! t’y es peut être fort dans les études mais pour la pratique, t’y es le roi des socatos.
Comme vous l’avez vu, un jeu simple qui se compliqua avec la multiplication des engins à moteurs qui nous obligeaient à nous lever de plus en plus souvent pour leur laisser le passage.

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LES PIGNOLS

Ah! Les pignols (ou pignoles), ces noyaux d’abricots (exclusivement) qui garnissaient nos bourses en tissus comme les doublons garnissaient celle d’un hidalgo et qui prenaient, à force d’être utilisés, un aspect lisse, brillant et une couleur de noyer d’une grande richesse.
Ils servaient la plupart du temps à des jeux d’adresse, mais aussi à des jeux « d’argent » où ils représentaient la monnaie.
Les jeux d’Argent d’abord Il s’agissait essentiellement de jeux de cartes auxquels nous nous livrions au fond des frais couloirs carrelés de nos immeubles, lorsqu’en été le soleil tapait trop fort sur nos murs blanchis et nos trottoirs de ciment, et que nous étions trop grands pour subir la sieste obligatoire sur la vieille couverture militaire.
Il y avait tout d’abord « les petits paquets » où chaque joueur héritait d’un paquet de cartes distribué par la banque. Chacun misait alors sur son paquet 2, 3 ou 4 pignols, rarement plus. Lorsque les paquets étaient retournés la banque ramassait les pignols de tous ceux qui avaient une carte inférieure à la sienne et payait une fois la mise aux autres.
Il y avait également la « dix y mich ». Où, carte après carte, on essayait d’approcher les 10 points et demi (valeur des figures) sans les dépasser en jouant contre la banque. Cela ne vous rappelle rien. Là encore, l’argent misé était constitué par des pignols.
Mais les jeux nobles, pour messire « Pignol », étaient les jeux d’adresse.

Le Carré
Le possesseur d’un « carré » de faïence de 2cm x2 cm plaçait celui-ci debout, à 30 cm (2 palmes) devant un mur et traçait une ligne à 3,5 mètres du mur (5 pas).
Le tireur se plaçait sur la ligne, visait, et tirait son pignol de façon à culbuter le carré. Le patron du carré ramassait les pignols tirés (il pouvait y avoir plusieurs tireurs). Lorsque, en culbutant le carré, on lui avait fait franchir, en une ou plusieurs fois, la distance qui le séparait du mur, le dernier tireur prenait possession du carré et remplaçait son camarade (qui devenait tireur) et ramassait les pignols tirés à sa place. Ainsi s’échangeaient, un par un et en fonction de l’adresse de chacun, des poignées de pignols qui allaient grossir la bourse des meilleurs tireurs.

Le Souffre
Les règles étaient identiques. Le carré était alors remplacé par un souffre, sorte de pierre jaune de 5 à 6 cm de diamètre épaisse de 5 millimètres et trouée en son centre, qui tenait parfaitement debout sur la tranche. Seules changeaient les distances : 60 cm du mur (4 palmes) pour le souffre et 5 mètres (7 pas) pour la ligne. Il y fallait beaucoup plus d’adresse.

Le « Montonico »
Dans ce jeu le carré ou le souffre étaient remplacés par un « montonico » constitué par une base de 3 pignols accolés sur lesquels était posé, au milieu, un 4ème pignol. Il s’agissait alors simplement, en le tirant à 3 mètres, d’abattre le « montonico ».
Ces jeux, comme vous le constatez très simples, nous tenaient « entretenus » durant des heures pendant toute la saison des pignols – de mai à septembre et parfois au delà – empiétant sur la saison des billes, celles des toupies, des « carticas », des « jamaricas » et autres jeux des 4 coins, des « métiers » ou de capitoulé. Mais c’est là une autre histoire.
Eh!Eh alors ! aux pignols, pas de disputes, pas de chicayas, pas de .. eh bien non, Un montonico est cassé ou pas, un carré est touché ou pas. Les éclats provoqués par ces jeux tenaient uniquement au baratin du possesseur d’un carré ou d’un souffre pour attirer à lui les « tireurs ».
Regardez-moi ce carré qu’on dirait de l’or, il vient d’un mur d’un couloir de la rue d’Arzew (pour un Delmontois, l’équivalent des Champs Elysées). Allez, venez tirer, un pignol, si vous « atinez » du 1er coup et il est à vous…
qualité. D’avant-guerre qu’il est. Qui c’est le champion qui va me le tirer… etc…
D’autres éclats étaient provoqués par les commentaires des spectateurs sur l’adresse des tireurs.
Qu’est c’est ce tir plus « flojo » que tu nous a fait . Avec çà, ni un montonico tu renverses.
Attention aux vitres de Madame Mystère (la vieille cahouète du 2ème) c’est pas un avion que tu dois descendre..
Ta bourse (de pignols) tu vas la vider et t’i auras pas touché une fois le carré, que socato
Bien entendu, quelques rares disputes éclataient.
Je t’ai vu; Tu croises les doigts derrière de ton dos pour que j’atine pas; Tramposo
Je croise les doigts.
Je me grattais le cul qui me pique, c’est tout.
Et toi, arrête de bouger ton espargate que tu m’atontines pour que je peux pas viser.
Rends-moi mon pignol, que c’est pas du jeu, que Jean-Pierre (Dieu ait son âme) il a toussé juste quand c’est que j’allais tiré.
Non, joué, c’est joué, le pignol il est à moi
Voleur …
il en était toujours ainsi, sinon, où aurait été le plaisir? Même aux « jamaricas » ou aux « carticas », jeux calmes par excellence, nous trouvions le moyen … mais, je vous l’ai dit … ces jeux là, ce sera pour une prochaine fois.

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Les BILLES

Les différentes Billes

« LES JEUX DE BILLES »

Je connaissais, pour ma part (comme on dit aujourd’hui à la télé) quatre sortes de billes
les « billes » normales, en terre cuite colorée,
les « pouces d’avant-guerre »,en granit (je crois),
les « binagates », billes de verre « anoblies » par un bouquet de couleurs en leur centre,
les « biscaïens », sorte de grosses binagates
La plupart des jeux se pratiquaient avec des billes normales, parfois des binagates .Les « pouces d’avant-guerre » ou les biscaïens servaient rarement, sauf comme monnaie d’échange ( 1 contre 5 ou 10 suivant le « marché ») lorsque le sac de billes s’était vidé, non pas par maladresse au jeu, mais à cause d’un « mal de ojo » insistant. Nous pratiquions, à Delmonte, une foultitude de jeux de billes. Je laisserai de côté les jeux des tout-petits dans le sable, dans la canale (qui se joue aussi avec des pignols) ou dans la rigole pour ne parler que des 3 jeux d’adresse que pratiquaient les plus grands (12-15 ans) à savoir le « Triangle », le « Trou » et la « Jolata ».

Le jeu du triangle Sur le terrain de terre battue style pétanque de la cour centrale des « habitations », avant qu’on nous la goudronne, nous tracions un triangle équilatéral de 2 palmes (avec la main) de côté. A 5 mètres de là, une ligne de départ.
Le joueur se plaçait sur la ligne et lançait sa bille à proximité du triangle dans lequel chaque joueur avait mis 2, 3 ou 5 billes et qui contenait donc « la banque », nombre variable de 4 (2 billes pour 2 joueurs) à 15 billes par exemples (5 billes pour 3 joueurs).
Lorsque les 3 joueurs avaient placé leur bille auprès du triangle, le premier reprenait sa bille et d’un geste du pouce (comme pour lancer une pièce en l’air) le poignet posé au sol, essayait de frapper avec sa bille celles qui se trouvaient dans la banque. Toute bille sortie des limites du triangle était gagnée, toute bille restée dans le triangle y demeurait.
La partie se terminait lorsque le triangle était vide, et … reprenait.

Le trou
Ce jeu partait du même principe que le précédent mais, à la place du triangle, il fallait creuser un trou profond… mais pas trop, évasé… mais sans plus, afin de permettre au joueur de lancer sa bille d’un coup de pouce pour faire sauter hors du trou celles qui s’y trouvaient. Lorsque le joueur était tout près du trou, il était autorisé à poser son poing gauche verticalement sur le sol, le poing droit venant se placer dessus donnant ainsi un meilleur angle pour tirer dans le trou. Ces parties de Triangle et de Trou ne donnaient pas lieu à de grandes « peleas ».
Il y fallait de la concentration, de la finesse (s’approcher du Triangle ou du Trou sans y rentrer), de l’adresse et un très bon « fouetté » du pouce. Il n’en allait pas de même dans le jeu de la « jolata » qui demandait cependant un grande adresse.

La Jolata
était constituée par un couvercle de boîte de conserves, type petits pois. Un cercle de 2 palmes de diamètre était tracé sur la terre battue, la jolata était placée au centre du cercle. A 6 pas, la ligne de lancer. Le premier joueur lançait sa bille et essayait de se placer assez près … mais pas trop, du cercle (1 mètre environ). Le deuxième joueur avait 2 options
Se placer assez loin du premier qui alors tirerait.
Essayer de toucher la jolata, ce qui lui donnerait la priorité pour tirer.

Le tir:
Lorsque c’était son tour de tirer (soit par tour normal soit parce qu’il avait touché la jolata) le tireur, comme à la pétanque, devait faire un carreau sur la bille du tiré. Il fallait donc toucher à 3 ou 4 mètres, une bille de 1 cm de diamètre avec une bille toute aussi petite. Les bons tireurs faisaient mouche 8 fois sur 10. Le tiré plaçait son pied sur la tranche verticalement à 30 cm derrière sa bille pour éviter que les billes ne partent dans la nature.
Lorsque la distance tireur-tiré excédait les 4 mètres le tireur pouvait s’en rapprocher en tirant d’abord sur la Jolata pour envoyer sa bille près de celle du tiré. A moins de 50 cm on tirait avec le pouce. Les motifs de disputes étaient là plus fréquents
t’y as pas touché la Jolata,
menteur, j’ai entendu le bruit,
le bruit, qu’é bruit…
j’te jure sur la tête de ma mère…
ta mère;ta mère;bon, çà va, rocomance
ou alors :
pourquoi t’ias levé le pied que main’nant ma bille elle s’est perdue,
pos, pour le placer mieux,
menteur, embustero, toujours tu fais ça,
main non, c’est toi que t’ié trop pressé,
je vais te faire ‘oir,
qu’est-ce t’ia, t’ia beaucoup, t’ia beaucoup?
Alors c’est fini vos tonterias, la voilà ta bille… allez on continue.
Mais le pire était le « bonne qui dégouline » ou « mauvaise qui dégouline » lorsqu’une bille en bout de course, du fait du terrain, se mettait à reculer (à dégouliner) cela pouvait s’avérer avantageux ou néfaste pour l’un des joueurs ou pour l’autre. Si le premier criait « bonne qui dégouline », on laissait rouler la bille. Si c’était:« mauvaise qui dégouline », on bloquait la bille avec son pied. Je vous laisse deviner « lo que se armaba » lorsque les deux joueurs avaient crié en même temps; « Bonne… Mauvaise… qui dégouline »
tricheur, tramposo, bourriquot,
poca vergûensa, calamar, pulpo, esquelette,
sipote, tonto la vela, manchot,
cuatro ojos, tuerto, bisouche,
ah, ça ! ah, ça ! T’ia pas droit…
Ca ne vous rappelle rien … l’habitude quoi !

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LES JEUX DE CARTES

 

Une dame me faisait remarquer il y a peu que nos jeux, dont la lecture l’amusait par ailleurs beaucoup ( si…si…ah karbi, elle l’a dit ), lui paraissaient un peu brutaux
(notamment le « vinagre », le « carrico » ou le « burro flaco ») . Je l’ai rassurée: bon, c’est vrai qu’une partie de nos jeux d’enfants peut paraître violente, mais c’est parce que je n’ai décrit que ceux qui me paraissaient les plus originaux et non tous ceux que nous pratiquions comme tous les enfants du monde, parfois garçons et filles ensemble: le cerceau, la toupie, le diavolo, les osselets, la corde, les jeux de balle, la marelle, le jeu des métiers, le pendu, le vélo, les patins à roulettes, les dames, les échecs, le jeu de l’oie, les petits chevaux…et j’en passe:
Les vacances étaient si longues et la liberté dont nous jouissions si grande.
Nous jouions aussi aux cartes , et là, cela mérite que nous nous y attardions un peu.

Nous nous adonnions au vice des cartes à un moment bien particulier: l’été, aux heures les plus chaudes, lorsque le soleil écrasait les ombres dans nos rues désertes, entre la fin de la courte sieste obligatoire et le départ pour le patronage. A ce moment là nous nous retrouvions dans les couloirs d’entrée de nos immeubles dont le frais carrelage était une bénédiction pour nos jambes nues sous le pantalon court rapiécé aux fesses… dame, à force de se traîner dans les couloirs…Une fois réunis, nous sortions les jeux de cartes. Les petits, disons, de 9 à 12 ans, s’escrimaient à la bataille, aux sept familles, au nain jaune, au barbu ou à la brisca », ce jeu qui se pratique avec de jolies cartes espagnoles où l’espada ( l’épée) la copa ( la coupe, le verre ) bastos ( le bâton , la branche ) et el oro ( l’or ) remplacent le pique, le cœur, le trèfle et le carreau , où apparaissent des figures comme la sota ( le valet ), le cavalier, et où le trois, la fameuse brisca, vaut 10 points , juste au dessous de l’as.
Cette « brisca » avait ceci de particulier que, s’il y était interdit de parler ( on ne joue pas à la parlante comme à la manille de Pagnol ) on pouvait entre partenaires communiquer par gestes, des gestes discrets bien entendu et à l’abri des vues. On pouvait ainsi indiquer que l’on avait tel as ou telle brisca, que l’on coupait à telle couleur que l’on était chargé en troumfo ( l’atout ) en se pinçant le lobe de l’oreille gauche en faisant un coup d’œil, en fronçant le nez, etc…on pouvait mettre au point un code particulier avec un bon partenaire. Je vous laisse imaginer chez ces petits singes, le festival de grimaces « que se armaba », car la discrétion n’était pas notre fort aux habitations bon marché. De temps en temps tout de même, entre deux parties de fou-rires, l’un d’entre nous faisait mine de se fâcher
Ah, non, tonto el pueblo, ça suffit. T’iapelle çà de la discrétion, de se boucher un œil avec la main, hein, tchiflao
Pos c’est pas ma faute à moi si j-y arrive pas à faire des coups d’œil, je fais comme je peux et pis c’est tout. Et si tu te nerves c’est pace que tu perds et que nous on gagne et pis oil
Pourvou qué çà doure comme disait la mammita Buonaparte
Toi, cuatro ojo,arrête de ramener ta science et joue bastos, pisqu’il t’a fait le signe.
Tiens voilà de l’oro…tu me prends pour un catéto ou quoi
Eh;…on peux toujours essayer…
Les chamailleries n’allait jamais plus loin, il ne faisait pas bon réveiller un adulte qui faisait sa sieste, là-haut;…attention alors à la casserole d’eau…
Les plus grands jouaient parfois à des jeux d’argent , où les sous étaient remplacés par des pignols ( noyaux d’abricots bien secs et lustrés). Je me souviens du jeu très intellectuel des petits paquets. Le joueur qui tenait la banque disposait un petit paquet du même jeu de cartes devant les autres. Ceux-ci misaient un certain nombre de pignols sur leur paquet, la banque doublait la mise sur chaque paquet, puis elle retournait son paquet et dévoilait la carte placée dessous.
Puis, lentement , pour le suspense, elle retournait tous les paquets. Le joueur dont la carte était supérieure à celle de la banque conservait son petit tas de pignols, les autres voyaient la banque rafler leur mise..
Il y avait aussi la dix- y- mitch ( dix et demi ) , où il s’agissait pour les joueurs, en demandant des cartes, de se rapprocher le plus possible de 10 points et demi, sachant que chaque carte avait sa valeur et que les figures valaient un demi point. Il fallait rester sous les dix points et demi, puis c’était au tour de la banque de tenter de faire mieux que le joueur sinon…passe à la caisse. Le black Jack de chez nous, quoi
Enfin il y avait, entre beaucoup d’autres,( 8 américain, belote, rami, dame de pique, poker, toujours avec les pignols, etc…) un jeu qui devait venir de la plus haute antiquité, car il demandait, pour le pratiquer, un cerveau de grand primate. Ce jeu antique s’appelait…enfin, nous, nous l’appelions le « buey, tirabudey » (prononcer oueille, tiraboudeille en patos moderne). Il est assez compliqué. Suivez moi bien
-le joueur numéro 1 place sa main à plat sur la table ou par terre, la paume en bas et le dos vers le haut, bien collée la paume, hein
-le joueur numéro 2 tient dans sa main gauche ( s’il est droitier ) un jeu de cartes espagnoles. Ah, ben, voui, il faut des cartes ibères, vous allez comprendre pourquoi ( enfin, quizas ) . Avec sa main droite (s’il est dr… bon, bon…) il prend la carte située sur le paquet qu’il tient à la main gauche ( sss…) et l’abat violemment à côté de la main du joueur numéro1 ( vous ne l’avez pas oublié, non…il faut suivre, sinon à quoi çà sert que je me décarcasse à vous apprendre ce jeu qui fera désormais la joie de vos petits enfants. Bon le numéro 1 a sa main à plat par terre et il n’en mène pas large . A coté de sa main se trouve la carte balancée par le numéro 2. Si cette carte est une carte de 2 à 10, le joueur…numéro…2…réuni…son pouce… son majeur… et son index de la main droite;…les;…pose…sur le dos;…de; la main…de l’autre devant lui…prononce;…à voix;…guillerette les mots « siete miaouss » si la carte est un 7 ( cinco miaouss si c’est un 5..etc…), et caresse d’un mouvement tournant très doux de ses trois doigts le dos de la main offerte….Oufff;!! Mais voilà que le jeu se poursuivant tombe une sota. Le joueur n°2 ferme alors le poing, le place verticalement sur le dos de la main du partenaire , pouce vers le haut et se met à frapper des coups rapides mais légers sur le dos de cette main en prononçant cette phrase étrange « sota, bota, rémendota, bebe el vino y rompe la bota », phrase difficilement traduisible où il est sûrement question de la maladresse des valets…enfin…peut-être. Cela s’accélère vient un roi, le joueur prend la même position mais assène alors des coups, certes plus espacés, mais bien plus lourds en déclamant cette phrase terrible;rey, tiraboudey, cabeza de buey, tchirribuey;!!!». Mon Dieu, j’en tremble encore;! S’agissait- il d’une allusion à la corrida, à la machine de Mr Guillotin où à un sacrifice d’aurochs, mes ancêtres (appelez-moi, je vous expliquerai). Et ce n’est pas tout. Il pouvait se faire que tombât un as, alors le joueur pinçait fortement la peau du dos de la main de l’autre et la soulevait d’un coup sec à une trentaine de cm de haut avant de la rabattre violemment au sol, plusieurs fois de suite, en chantant, sardonique« gavilan, gavilan, el… »non, j’arrête, j’en ai encore des frissons…Mais lorsque le paquet de cartes était épuisé, les rôles étaient inversés , et alors là;...je vous dis pas le sourire du n° 1 devenant n° 2.
Il m’est arrivé, depuis, de jouer au barbu, à la brisca… je me souviens même d’ une mémorable partie de petits paquets dans un poste perdu du Sahara, mais, qui joue encore au rey, tirabudey » de nos jours? Allez, à vos cartes

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Le CERCEAU

dessin Christelle Ortega

Nous étions le 25 Décembre 1947 , j’avais fêté mes 10 ans trois semaines auparavant, et je m’apprêtais à découvrir mon cadeau de Noël, que je m’empresserais d’essayer dans la cours des HBM. Cette grande cour entre nos deux bâtiments se transformait en véritable foire ces matins-là, avec une foultitude de gamins qui venaient montrer aux copains ce qu’ils avaient trouvé dans leurs souliers. Oh! rien à voir avec l’avalanche de cadeaux que reçoivent les gosses d’ aujourd’hui. Le plus beau des cadeaux pouvait être une paire de patins à roulettes ou une carabine à flèches. Le plus souvent c’était une balle, une toupie, le petit vélo du grand frère repeint à neuf, ou un sac de binagates et, quelquefois, pour les « moyens » de 8 à 12 ans ou pour les filles , un cerceau.
C’est un de ces engins que je trouvais ce matin-là. J’étais à la fois gêné et heureux. Heureux parce que mes parents avaient choisi un très beau cerceau en bois verni, gêné, parce que mes copains allaient se moquer de moi avec mon cerceau de fille ! Il faudra trouver un discours pour les persuader qu’un cerceau en bois de cette qualité était un engin de compétition .
Il existait en effet 2 grandes familles de cerceaux, les cerceaux jolis, en plastique de couleur ou en rotin, qui étaient plutôt des jouets de filles ou de petits, et les cerceaux tous terrains pour les garçons.
Les premiers, légers et peu manoeuvrables, étaient mis en mouvement à l’aide d’un bâton avec lequel on appliquait des petits coups. Les figures possibles étaient assez restreintes, même si l’on avait découvert le jeu du rétro.
Vous savez: on lance l’engin à la main devant soi en lui donnant de l’effet. Le cerceau fait 3 ou 4 mètres, s’immobilise, et repart tout seul vers l’arrière. Le gagnant est celui qui a parcouru la plus grande distance en arrière…Ça amuse quelques minutes. Nous demandions aussi aux filles de faire des courses de cerceaux, un peu dans l’espoir de les voir s’emmêler, voire même de faire un roulé-boulé sur le sol, sans grand danger car nos amazones des HBM étaient sportives et savaient tomber sans se faire mal et sans montrer leur culotte: des championnes
Les seconds, sortes de 4/4 du cerceau, étaient faits par des gentes de bicyclettes, de toutes les tailles, parfois par des cercles de tonneau ou de bordelaise. Pour les manœuvrer nous confectionnions des guides avec un fil de fer très épais. Ce guide comprenait un manche de 30 à 50 cm terminé par un « U », perpendiculaire et adapté au cerceau. L’engin était alors beaucoup plus manoeuvrable. Nous étions capables de les mener au galop sur les étroites bordures des trottoirs, de leur faire franchir des obstacles, de nous livrer à des slaloms compliqués et à de grandes courses effrénées.
Je me dépêchais donc de faire confectionner par monsieur Baus un guide de compétition et déboulais avec mon beau cerceau, verni, certes , mais capable des plus grandes prouesses…L’accueil fut enthousiaste et ce fut à qui m’emprunterait mon joli cerceau. Ouf ! j’avais eu peur pour rien, c’est qu’avec mes « cuatro ojos », rares à cette époque et à cet âge-là, on avait vite fait de me prendre pour un faiblard, même quand je grimpais à 20 mètres dans un eucalyptus, quand je plongeais de 3 mètres aux « genêts », ou quand je descendais mon lézard au premier coup de stack. A 10 ans un cuatro ojos c’est un cuatro ojos et pis c’est tout. Cà a bien changé par la suite
Avec ce cerceau nous inventâmes même un jeu idiot. Il s’agissait de se mettre en embuscade derrière un mur, d’attendre le passage d’un garçon ou d’une fille d’une autre « bandica » un peu dans la lune, puis, par derrière, de lui balancer ce cerceau léger par dessus la tête, comme un lasso, provoquant la panique et parfois la chute de la victime, ce qui, je ne sais pas pourquoi, nous faisait rire aux larmes. Ce jeu cessa le jour où le grand frère aîné d’une victime vint , avec deux autres adultes, nous prendre sur le fait. Il y eut alors une grande distribution gratuite de calbotes, suivie d’un sermon, qui nous ôta l’envie de continuer.
Et savez-vous ce qui se serait passé si nous nous étions plaints à nos grands frères ou à nos parents? Oui, vous le savez n’est-ce pas, c’est comme pour les coups de règles en classe…Ah; autres lieux, autres temps
Allez, bonne année, bonne santé et la paille au … pour toute l’année
Antoine-Roch Albaladéjo
« Toinou »

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